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Moi, 5 ans, esclave de vos rêves.


Il est des pays  à un vol d’hirondelle, où les ventres des femmes fabriquent des esclaves, âmes sacrifiées sur l’autel du profit.
Pupilles hébétées, de la peau racornie sur des os déformés, poumons silicosés.
Il est des pays à un vol de corbeau, où des buses cupides se repaissent avides d’entrailles innocentes.
Chaussures dernier cri vêtements flambant neuf, l’illusion, le paraître les bonheurs mercantiles.
Vitrines et portants sont autant de potences. Sur les semelles vierges dans les plis des tissus, sont imprimés les râles d’enfants suppliciés.
Sous un ciel assombri de laide hypocrisie, le soleil renarde
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Invasion tropicale.
Les souffles d’alizés ébouriffent les ormes, les nuages complices encorbeillent les vagues.

Les fantômes s’éclipsent sur les photos voilées, les regards se détournent des miroirs endeuillés,

et voguent nos amours.

Nos âmes malhabiles esquissent quelques pas sur le rythme fragile d’un opus hésitant.

Les bourgeons et les fleurs
éclosent en sourires
et parfument le miel 
des désirs platinés.
Jonquilles capucines 
lavande et romarin 
font des moues et des mines 
au son des tambourins,

valsent nos souvenirs.

Réchauffement magique 
surprise climatique 
tempête de caresses
baisers en déferlantes. 
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L’Ange noir…
Un Ange de vingt ans de vingt ans mon cadet est passé dans ma vie. Sur une plage blanche l’Ange était assis là confiant au soleil en murmures étranges ses rêves d’enfant noir.
Voir un jour à Paris, Amsterdam ou Berlin, des arbres de Noël. Sur les Champs Elysées, entrer dans les boutiques et tout y acheter, des chaussures vernies et des montres dorées.
L’Ange était assis là, dans sa voix des caresses, dans ses yeux des promesses, sur sa peau des ivresses.
Un Ange de vingt ans de vingt ans mon cadet n’attendait que ma main et mon amour, peut-être…
Ange noir, ne deviens pas un homme. As-tu vu mes cheveux? La neige y est tombée, ces rides sur mon front sont le prix que l’on paie à Paris, Amsterdam ou Berlin, à bâtir chaque jour une vie de chimères.
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Déni.
Puisque ça fait trop mal de te savoir ailleurs et de te savoir là, sous la pierre glacée.
Puisque ça fait trop mal de jeter tes souliers tes colliers ton parfum tes reliques d’amour, ton acte de naissance ton acte de décès, de deux clics supprimer ton nom sur le clavier.
Puisque j’ai peur du noir et de l’orphelinat, des orages à venir et des lignes de crête qu’il me faudra gravir, que ma boussole cherche en tremblant de terreur l’étoile du berger.
C’est tellement l’hiver sans l’écho de ta voix la chaleur de tes joues les onguents généreux de tes mots gracieux.
Puisque je ne veux pas me réveiller un jour et devoir l’accepter.
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Infidèle
Tout à l’excitation
de coucher sur la feuille
tes larmes tes émois,
tu remarques parfois
que ta muse mutine
trace des entrelacs
qui te laissent pantois.
Poète  méfie toi,
ta muse ta complice
fait fi de ta pudeur,
en experte elle abat
tes voiles et ton masque et c’est nu qu’elle t’aime
fragile et désarmé.
Diseuse d’aventures
croqueuse de chagrins
avide de blessures
autant de gourmandises,
elle aspire les mots
au fond des encoignures
de ton intimité.
Quelques rubans de soie une pierre de Lune un collier de narcisses, elle pare tes verbes d’emphase d’accessoires, en alternant les grâces et les coups de boutoir.
Quand tu ne seras plus
sur un sable désert
qu’une âme dépouillée,
une coque vidée
sur une page blanche,
elle partira légère
vers une autre conquête.

Avant de s’éclipser dans un ciel sans espoir éteindra ta chandelle. De tes cris de détresse
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Amours épinglées.
Sur feutrine écarlate
tu couches ce matin
un papillon blessé.

Ses ailes inclinées
leurs doux reflets bleutés
te font encore vibrer.

Sur feutrine écarlate
tu ranges fièrement
les beaux corps sidérés
de nymphes ingénues
venues se réchauffer
à ton soleil glacé.

Puis chasseur insatiable,
tu reprends ton filet
et ta quête implacable,
poses sur ton sourire
un masque carnassier.

En cyniques trophées sur son tableau de chasse, combien d’âmes brisées pour que le prédateur enfin se satisfasse ?
De combien d’innocences le vampire assoiffé devra-t-il se repaître ?
Quels mots pour justifier l’errance indélébile des anges mutilés ?
Sur feutrine écarlate
mon cœur agonisant,
tiré à quatre épingles
et gisant dans mes larmes
attend le coup d'épée, 

espère le coup 
de grâce... 

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Ton nombre d’Or
Refusant les mirages fables et impostures, derrière barricades je clôturais ma vie.
Au chevet de mes nuits la quadrature du cercle, pour les jours de grisaille la lumière infinie du divin nombre d’or.
Mais j’avais négligé comme un acte manqué, dans mon cœur assoupi la petite lucarne où tu t’es immiscée.
J’aligne et je recompte les calculs qui m’échappent, l’axe de mes abscisses s’enfuit désordonné.
Tes hanches symétriques l’horizontalité de tes seins rebondis la verticalité de tes désirs gourmands, désarmants postulats, inconnues qui m’obsèdent, triangle des Bermudes